Intervention d’Amélie Hart, SNES-FSU, dans l’atelier « Intelligence artificielle, travail réel, interventions des travailleurs-ses et de leurs organisations » du mardi 17 mars 2026, Assises nationales de la santé et la sécurité des travailleurs et des travailleuses 2026.
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IA et travail enseignant : la fabrique d’une dépossession
Je souhaiterais en guise d’introduction rappeler un fait sans doute mal connu, d’autant
qu’il est couvert par un bruit médiatique ne reflétant qu’improprement la réalité. La
numérisation de l’Éducation nationale est un processus continu et massif depuis près de
quinze ans. On peut prendre comme point de repère un discours de Vincent Peillon,
éphémère ministre de l’Éducation en décembre 2012 « Faire entrer l’école dans l’ère du
numérique ». Et ce ne fut pas qu’un discours, mais bien une politique passant par les
équipements, les programmes, la formation des enseignant·es, avec une continuité
absolue entre le quinquennat Hollande et les deux quinquennats Macron, entre ces deux
figures apparemment si antagonistes de ministre de l’EN, NVB et JM Blanquer.
Avant l’arrivée des IA (et ici je ne parlerai que des IA génératives parce que c’est bien leur
usage massif qui percute nos métiers) le travail enseignant était déjà profondément
numérisé, particulièrement dans le second degré puisqu’il nous est impossible de gérer le
quotidien des collèges et des lycées sans les ENT (espaces/environnements numériques de
travail) et que nous sommes particulièrement dépendant·es d’un logiciel qui domine le
marché et dont vous avez tous entendu parler, Pronote.
Mais l’arrivée des IAG grand public depuis trois ans à peine a encore bousculé notre
travail. De quelle façon ?